Samedi 28 septembre 2013 6 28 /09 /Sep /2013 16:19

Des murs à mots doux, des murmures soyeux, des murs de paix... Les murs aujourd'hui nous ouvrent une voie toute pacifique.

Écoutons-les en silence, inspirons-nous, respirons, et comme les messages les plus sages apparaissent souvent au détour d'une rue comme les autres, presque cachés, ouvrons l'oeil, et posons les bonnes questions d'entrée de jeux (ou de "je", ce qui semble beaucoup plus raisonnable finalement):

 

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(Où est mon sauvetage financier?)


pasaporte-de-pajaro
(Je renie les humains, je sollicite un passeport d'oiseaux)

 

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(Il reste encore beaucoup à ressentir - "Action poétique")

 

Oups, attention à la marche... et au réveil...

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(Réveille-toi!)

 

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(Les meilleures choses dans la vie ne sont pas les choses)

 

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62872 10151503900686544 1688315647 n

 

970796 10151590631266544 955785722 n

 

Poesia-en-los-muros-No-me-discrimines-descubrime

(Si tu me connais, tu sauras que je suis unique.
Ne me discrimine pas, découvre-moi - "Action Poétique")

 


Et tout avec beaucoup d'amour...

todo-con-mucho-amor

 

Malgré tout, n'oublions pas, oui, surtout n'oubliez pas, en toutes circonstances, et en tous lieux:

076 question

 

Photos: @nonymes
Texte: florence marthe - septembre 2013 

Par Florence Marthe - Publié dans : Un mur un jour...
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Dimanche 11 août 2013 7 11 /08 /Août /2013 12:25

Clémentine se sentait en exil. Elle n'avait pas bougé d'un pouce de tout l'après-midi, se demandant s'il lui aurait été utile de se lever ou non, de faire quelque chose, de changer de place les meubles, de laver la vaisselle qui s’amoncelait dans l'évier, de faire un truc productif, en somme. Mais non, elle ne s'était pas levé du fauteuil, coincé entre le canapé et la lampe à halogène, entre la table basse et la fenêtre, le tout formant un quadrilatère presque parfait de dix mètres carrés, entouré de murs en plâtre peint en vert amande (selon le propriétaire mais elle croit plutôt que c'est un vert olive passé), son salon donc, pièce maitresse de son appartement, son univers quotidien. Le reste de l'appartement se composait d'une cuisine de un mètre quarante-huit de long sur un mètre cinquante de large, un autre carré presque parfait, et d'une chambre toute en longueur, où elle avait bien eu du mal à faire rentrer un lit à deux places d'un mètre trente-cinq, mais qui possédait l'agrément d'avoir une fenêtre donnant sur un arbre dont elle ignorait toujours l'espèce depuis qu'elle avait emménagé, mais qui fleurissait abondamment au printemps, et elle ne demandait rien d'autre que cette abondance de floraison chaque année, quelque soit le nom qu'on put donner à l'arbre de sa fenêtre. Aujourd'hui, ces pièces lui semblait sans issue, sourdes à ces prières d'une vie plus attrayante, plus intéressante, et pleine d'aventures extraordinaires si possible. Alors pourquoi courir, gesticuler, feindre d'être affairée, puisque quoiqu'elle fit ce jour-là, cela ne changerait rien à l'affaire.

 

Le voisin n'avait plus donné signe de vie depuis ce fameux soir où la déesse aux cheveux noirs (ou étaient-ils blond vénitien, Clémentine ne se souvenait déjà plus vraiment, tant l'image dans son ensemble avait été forte plus que les détails) l'avait humilié sans diplomatie, et pour une seule cigarette. C'était il y a seulement deux jours, mais il semblait à Clémentine qu'il s'était passé des semaines, des mois, des siècles et des siècles, depuis cet incident. La lumière baissait, avec le jour finissant, et elle en était là de ses pensées quand quelqu'un frappa à la porte. Merde, se dit-elle, car il allait bien falloir qu'elle prenne une décision: ouvrir, et se confronter au monde du dehors (c'était forcément le monde du dehors qui frappait vu qu'elle était, elle, bien à l'intérieur, à l'abri dudit monde), ou ne pas ouvrir et faire la morte, ce qui lui allait très bien en un sens, ne se sentant pas exactement vivante à ce moment précis. Les coups sur la porte insistèrent, comme s'ils savaient qu'il y avait quelqu'un à l'intérieur du cube obscur. Elle se résigna donc à ouvrir, le pas trainant, comme on va le matin trop tôt chercher à la gare un vague cousin de province qu'on a pas vu depuis longtemps pour lui éviter de se perdre dans le métro.

 

Le spectacle qui l'attendait la laissa bouche bée. Littéralement. Ses jambes se dérobèrent sous elle, son menton et sa mâchoire s’affaissèrent, son air devint idiot. Le tout en une fraction de seconde. Et il ne lui fallut pas plus que ce même temps infime pour s'entendre dire: Oui? d'une voix faiblarde et probablement andouille, le ridicule du ton étant accentué par un tortillement de tout son corps, ne sachant pas sur quel pied se tenir, à défaut de danser avec, ce qui aurait pu faire diversion, en d'autres circonstances. Mais à cet instant précis, il faut le préciser pour sa défense, Clémentine faisait face à un énorme bouquet de fleurs multicolore, d'où dépassait le haut d'une bouteille de vin et une crinière blonde...

 

La crinière, qu'elle reconnut aussitôt comme étant celle du voisin, de SON voisin, bougea enfin, essayant de s'extraire de l'impressionnant foisonnement floral et dit, sur un ton de celui qui n'a l'air de rien: Oú je mets ça? Ça pèse un peu quand même. Clémentine repris ce qui lui restait d'esprit et balbutia: Oh, pardon, bien sur, entrez, je dois avoir un vase quelque part dans la cuisine, ou quelque part, enfin quelque part par là, c'est pas bien grand chez moi, entrez, où ai-je la tête, viens, venez, mais qu'est-ce que tu, vous faites là?

 

La crinière posa finalement son fardeau sur la table du salon carré et laissa admirer à Clémentine le plus beau des sourires, ingénu à souhait, charmant, adorable, lumineux, désarmant. La bouche bien dessinée et légèrement charnue, laissant présager des baisers doux et intéressants, lui expliqua que depuis que Jade l'avait si mal reçue l'autre jour, il voulait se faire pardonner et qu'il n'avait trouver que cette solution pour faire oublier son indélicatesse. Jade? Pensa Clémentine, elle s'appelle donc Jade. Évidemment, quel autre nom aurait pu être celui de cette grande bringue sulfureuse, cette... Jade, c'est ma sœur, ajouta le sourire. Clémentine faillit s'évanouir, ou exploser (elle ne savait pas très bien quoi choisir présentement) de honte, de joie, de gratitude infinie. Au lieu de cela, se reprenant comme elle le pouvait, elle articula d'une voix encore chevrotante mais prometteuse: Jade, oui bien sur, votre sœur. Et elle s'affaira pour trouver un vase, un pot, un seau à glace, n'importe quoi qui put accueillir les fleurs, ainsi que deux verres non dépareillés et un ouvre-bouteille. Le tout ne prit pas plus de trois minutes, tant sa fébrilité avait réveillé ses sens engourdis par une journée de contemplation immobile. Elle finit par offrir à la crinière et au sourire de s'asseoir, et même de se mettre à l'aise, ce que les deux firent sans se faire prier, optant pour le canapé pour les fesses, et le fauteuil pour jeter négligemment un blouson léger, et ainsi en interdire l'accès, au cas où. Elle fit de même, s'asseyant, faute de place et ne voulant pas avoir l'air mal élevée en déplaçant le vêtement posé sur le fauteuil, près de son voisin maintenant indubitablement identifié, et la bouche bien dessinée et légèrement charnue, bien que n'ayant toujours pas de nom, l'embrassa, elle, Clémentine, tenant la double promesse muette qu'elle lui avait faite à peine entrée dans son quadrilatère sans issue.

 

À suivre...

 

texte@florencemarthe 11 août 2013

Par Florence Marthe - Publié dans : Textes
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Samedi 22 juin 2013 6 22 /06 /Juin /2013 14:10

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L'amour c'est comme le tabac, on fume sans faire attention et puis un jour, quand le manque se fait sentir, on frappe à la porte du voisin ou de la voisine, pour quémander une cigarette, ou un coup vite fait, avec le vague espoir qu'il sera aussi bien fait que rapide. L'avantage d'une cigarette toute bête étant qu'on sait ce qu'on aura. Sauf si on vous offre une menthol, là c'est comme un orgasme raté, voire inexistant, bref un truc pas cool, mais heureusement on est rarement déçu avec une clope.

 

Clémentine en est là de ses pensées quand on frappe à la porte. C'est le voisin, justement, qui vient lui demander si elle n'a pas une cigarette pour le dépanner. Clémentine, surprise de la coïncidence de ses pensées venant ainsi s'encastrer dans le réel, regarde le gars d'une manière bizarre, se méfie, ne le laisse pas entrer et va chercher une clope pour ce voisin indiscret (c'est vrai, on ne lit pas dans les pensées des gens comme ça, ça ne se fait pas...). Pas spécialement beau gosse, mais pas laid non plus, le voisin est assez grand, dans les un mètre quatre vingt cinq, cheveux genre blond vénitien, les yeux marrons en amande, expressifs et rieurs, pas mal balancé, sympathique..., bref un type  qui ferait craquer pas mal de nanas sans aucune difficultés, mais pas elle: Clémentine n'aime pas les blonds, c'est comme ça. Point.

 

Quelques jours plus tard, c'est à son tour d'être en panne de drogue légale, et après une hésitation, «légitime» se dit-elle, de vingt bonnes minutes, Clémentine se décide à aller frapper à la porte du grand blond. Après tout, elle l'a déjà sauvé une fois, il peut bien lui rendre la pareille, rien de suspect à cela. Elle frappe donc, et la porte s'ouvre brutalement sur une grande bringue à la crinière ondulée noire corbeau, avec des yeux à damner un saint, et des jambes plus longue qu'une semaine sans soleil. «Merde, sa meuf» se dit élégamment Clémentine. Une seconde de flottement et puis: «Suis en panne de clope, pourriez pas me dépanner?» accompagné s'un sourire un peu forcé. La brune incendiaire, du tac au tac, en se retournant vers l'intérieur de l'appartement: «Mon chéri! Ta voisine voudrait une cigarette!». Et se replaçant bien en face, avec des yeux couleur noisette immenses à damner les saints donc, plantés dans les siens: «Ou bien autre chose aussi?». «Euh, non non, merci, une cigarette ça ira», réussit à bredouiller tant bien que mal Clémentine, qui commence alors à rougir des pieds à la tête, honteuse de s'être fait piéger comme une collégienne attardée. 

 

Retour au bercail, verrouiller la porte, vérifier que personne ne s'esclaffe à côté, allumer la télé comme si de rien n'était, reprendre son souffle, et le fils de ses pensées, si possible. En reprenant son calme, Clémentine se repasse la scène dans sa tête: «Toc toc, z'auriez pas une clope, non merci...». Pathétique qu'elle se trouve. Et puis soudain un déclic. La damneuse de saints n'habite pas là. Elle a dit «TA» voisine, donc pas la sienne de voisine à elle. Mais elle a vocalisé un «Mon chéri» sans appel aussi. Donc ils sont ensemble, ou amants, ou baiseurs occasionnels, ou même peut-être juste amis, ou c'est sa sœur. Mais le point essentiel est qu'ils n'habitent pas ensemble, c'est toujours ça de gagner, y aura pas à raser les murs de peur de la croiser dans l'escalier ou l'ascenseur chaque matin, chaque heure, chaque seconde. Pas une grosse victoire après la défaite de ce soir, mais c'est quand même quelque chose. Et elle aspire la fumée consolatrice comme si sa vie en dépendait, en exhalant un long soupir de soulagement.

 

 

 

(À suivre...)

 

texte@florencemarthe, juin 2013

Par Florence Marthe - Publié dans : Textes
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Lundi 17 juin 2013 1 17 /06 /Juin /2013 14:45

Dérisoire tentative de te garder un peu encore parmi nous, Isa. Je te connaissais à peine, mais j'avais l'impression de te connaitre depuis longtemps, et je t'aimais déjà...
Adieu amie.
Love, où que tu sois...

 

 

Par Florence Marthe
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