Juste au cas où...
Juste au cas où...
Il est des êtres qui vous touchent, qui vous appellent le coeur et l'âme dès le premier regard, dès la première seconde de la première rencontre.
Chloé fait partie de ceux-là. Chloé, c'est ma petite chienne. C'était devrais-je dire, car elle vient de me quitter, de nous quitter tous... Elle n'avait que 3 ans et 3 mois, si jeune, si en forme que je ne peux encore y croire. Elle va revenir, c'est sur. Enfin, je sais que c'est pas vrai, mais croire le contraire n'est pas envisageable pour l'instant. Alors...
Chloé est née le 10 octobre 2008. Et à cette époque je ne voulais pas de chien. Je disais à qui veut bien l'entendre que je préférais les chats. Oui, je n'avais rien contre nos amis canins, mais ils ne m'intéressaient que moyennement. Les chiens avec qui j'ai grandi (il y en eut plusieurs) ne m'avaient jamais touché autant que les chats, qui eux, contrairement aux chiens de la famille, dormaient toujours dehors. C'était comme ça: nous avions des chiens de salons et des chats de gouttières.
Pour en revenir à ici, et presque maintenant, quand je vis cette petite chose pour la première fois, elle ressemblait à ça:
Alors, bien sur, j'ai littéralement fondu devant ces grandes oreilles, ces grands yeux et ce tout petit museau. Le coup de foudre irrémédiable et absolu.
Un mois et demi plus tard (elle en avait deux et demi), elle débarque donc sur mon canapé:
Puis fit connaissance du chat, de la chatte devrais-je dire, Khali (mais que j'aurais pu tout aussi bien nommer Garfield). Cette dernière n'a pas vu tout d'abord d'un très bon oeil entrer ce nouvel élément bizarre et à priori ennemi dans sa demeure. Déjà qu'elle me tolérait, mais un chien, là non, j'avais passé les bornes!
Après quelques jours d'observation hautaine de la part de Khali (qui passa les premiers jours uniquement et je dis bien uniquement en hauteur: sur les tables, chaises, et autre cheminée), je découvris enfin ces charmants tableaux:
Chloé avait (déjà) conquis le caractère quasi-irrascible de ma Khalinette.
Puis Chloé grandit, et appris (toute seule) à sauter des murs de plus de un mètre cinquante sans élan, à escalader les rochers en montagne, à faire des tours entiers sur elle-même sans toucher le sol... Un vrai dahut.
Et moi, j'ai appris à aimer sa bonne humeur permanente, à rire de ses sauts de gazelle africaine, à couver d'un oeil bienveillant ses fugues à répétition, la grondant à son retour mais étant bien contente au fond d'avoir une chienne si indépendante et rebelle... Car Chloé n'obéissait que quand elle le voulait. Elle comprenait tout mais ne répondait à mes injonctions que parce que "elle" l'avait décidé, car en fait je crois qu'elle m'aimait aussi, un peu, et voulait me faire plaisir en exécutant mes ordres stupides: "Viens ici", "Ne cours pas sur la route", "Stop", "Tais-toi", "Ne léchouille pas tout le temps, non, pas le nez je t'ai déjà dit!", etc.
J'aimais aussi la voir me faire la fête quand j'étais triste, ou seule, ou les deux, trop parfois... Elle m'a consolé de plus d'un chagrin... Et cet air de dire "Allez, viens te promener avec moi, tu ne vas pas rester toute seule, dans ton canapé, allez viens te promener avec moi". Et j'y allais, et elle avait raison, ça me faisait du bien.
Et elle devint belle en plus, d'une élégance rare chez un chien de cette taille (et je ne dis pas ça uniquement parce que c'est le mien). Jugez plutôt vous-même:
Regardez-moi ces pattes et leur longueur, ce regard langoureux, ce maquillage subtil mais de bon ton...
Et après avoir eu ses petits cet été (cinq d'un coup!):
Elle était bien fatiguée pourtant. Les petits lui ont pompé tout ce qu'ils ont pu tant qu'ils étaient là. Heureusement 4 ont trouvé de bons maîtres à l'extérieur, et une est restée ici...
Chloé, ma petite chose, mon petit ange, tu reposes sous les fleurs dans la montagne à présent. Cette montagne que j'aime, moi aussi, et sur laquelle tu ne grimperas plus comme une vraie chèvre sauvage. Tu voulais gambader... Et tu resteras toujours dans mon coeur, mais tu le sais bien, je n'ai pas beosoin de te le dire. Je t'aimais comme on aime une personne, car tu étais une personne. La plus douce, la plus heureuse, la plus gentille et la plus libre aussi, en quelque sorte... Tu es partie sans prévenir, ou presque, sans cinéma, comme tu as toujours vécu, avec la plus grande des élégances...
Je pourrais parler de toi pendant des heures, ma Chloé, et raconter à tout le monde à quel point tu étais exceptionnelle, maintenant que je ne peux plus te prendre dans mes bras, ni te regarder courrir, ni plus rien en fait... Mais on va pas embêter tout le monde, juste leur dire à quel point je t'aimais, et à quel point tu me manques déjà. Voilà, c'est fait.
Byebye mon petit Ange...
Et la seule chanson qui puisse vous faire comprendre qui était Chloé, sa constance et sa gentillesse, et qui s'est imposé à moi, et pourtant c'était une toute petite chienne...
Texte et photograpies © florence marthe
Les murs, contrairement aux apparences, ne nous encerclent pas, ils nous entourent de leur hauteur bienveillante, comme les gardiens d'une pensée secrète enfouies au fond de notre âme...
Les murs ne nous enferment pas, bien au contraire: ils nous libèrent... Et ils nous délivrent en reprenant une parole bien trop souvent retirée, confisquée, détournée, ou qui laisse tout simplement indifférente car ne rentrant pas dans le moule de la pensée unique et bien pensante du jour...
À Paris ou ailleurs, ces murs cessent d'être un murmure inaudible et crient haut et fort des vérités évidentes, hurlantes, mais que nous n'osons pas formuler par crainte du qu'en dira-t-on: "Qu'est-ce que vont penser les voisins", "Ne te fais pas remarquer", "Pour vivre heureux, vivons cachés"... et des représailles sociales qui en découleraient "presque" à coup sur...
Mais au fond, au fond de nous, on est bien content de voir que d'autres pensent, aiment, et se révoltent comme nous...
Mais quand les lois ne protègent plus les citoyens; quand la justice est bafouée dans le monde chaque jour; quand le mensonge est hissé au rang de vertu par les plus forts, afin de tromper et d'exploiter les plus faibles; quand il ne se passe plus une seule journée sans que le mot "ASSEZ" ne soit gémit quelque part sur la planète; quand des cris de douleurs et de souffrances, venus de partout à la fois, nous arrachent les tympans à toute heure; quand le jeu arrogant et pourtant pathétique des politiciens nous donne envie de leur cracher au visage; quand on se demande chaque matin ce qu'il reste encore à venir comme mauvaise nouvelle; alors, au moment où tout semble perdu, les murs de nos villes se dévoilent, en nous offrant généreusement leur messages de révolte, d'espoir et de sagesse.
Il ne nous reste plus alors qu'à faire nôtres ces mots, et à les dire, les chanter, les jouer ou les déclamer à pleins poumons, courageusement, sans peur ni reproches...
Et n'oubliez pas, partout, en toutes circonstances:
Les murs de nos villes ne sont pas si bêtes: ils disent souvent à voix hautes ce que nous pensons tout bas, ou en tous cas pas si fort, de peur de faire du bruit...
La révolution aussi est sur nos murs. Celle qui nous tirera de l'apathie, celle qui nous fera croire de nouveau en un monde meilleur, plus juste et humain, et aussi plus à notre portée...
À nous de la voir et de l'entendre, cette révolution qui nous mènera à un changement radical de ce monde épuisé et Ô combien violent, menteur, génocidaire et à l'agonie que nous connaissons aujourd'hui.
À nous de reprendre à notre compte ces vérités oubliées, malmenées et souvent bafouées, et de réfléchir sur les vessies, qu'on aimerait bien nous vendre pour des lanternes.
À nous de crier à plein poumons, dans ces rues mêmes habitées par tous ces murs, ce qu'ils nous assènent, avec des mots tour à tour, puissants et émouvants, simples et pourtant évidents, pour libérer l'espoir, la volonté, et -enfin!- permettre à chacun de nous, hommes, femmes et enfants de tous les pays, de joindre le geste à la parole muette qui nous asphixie...
Puissants, menteurs et exploiteurs du monde, les murs vous défient chaque jour, avec la morgue, la persévérance et la volonté (pour l'instant encore silencieuse) de ceux qui n'ont rien à perdre, et avec eux tout un peuple, bientôt prêt à se lever et à résister.
Et n'oubliez pas, en toute circonstance:
texte©florence marthe
Images glanées ça et là.