20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 18:37
L'objet du doute de Clémentine

Clémentine se sent bien. En général. Elle a des hauts et des bas, comme tout le monde, mais elle va bien. Sa vie avance, ses émotions se pacifient un peu plus chaque jour, les rencontres enrichissent son quotidien, elle est sur le chemin que la félicité lui dicte.


Sauf quand elle parle avec sa mère. Ou plutôt quand elle se bat avec elle. Car chaque conversation est un combat rapproché. Elle doit maintenir sa garde, ne jamais se relâcher, garder son calme, esquiver, ne jamais être sincère, ne rien dire de ses rêves, de ses actes, de ses joies... pour éviter les reproches, les accusations, les lamentations, le chantage émotionnel.

Mais Clémentine se sent bien. Sa compassion s'étend à tous les êtres vivants de cette terre et des autres monde, s'ils existent. Elle apprend à remercier quotidiennement pour ce qu'elle a appris dans la journée, elle médite, respire avec un plaisir chaque fois renouvelé l'air que lui offre les arbres, la lumière que diffuse le soleil, ne mange que ce dont elle a besoin, sans gaspillage mais en abondance, regarde la nature alentour avec un œil émerveillé, sans pour autant en oublier les réalités moins enchanteresses que sont les guerres, les famines, les banques, les animaux assassinés, les forêt sacrifiées, tâchant de ne pas tomber dans la marmite de un optimisme béât et aveugle... Se sentant donc tellement en phase avec la nature et confiante en la vie, ce jour-là, elle baisse sa vigilance. Et parle avec sa mère, sans se méfier, lui racontant ses pensées et une part de ses projets à court terme. Et ça tourne mal. Et ça finit dans un bain de sang virtuel. Si elle avaient été dans la même pièce, il aurait fallu appeler des nettoyeurs professionnels pour laver les murs. Bref, le cerveau et le cœur en ébullition, Clémentine pense à sa vie, et aux raisons qui la mènent ici et maintenant à cette bataille d'hémoglobine avec l'auteur de ses jours.

En vrac, elle se souvient. Du refus catégorique quand elle avait 13 ans face à sa demande de faire des études de dessins dans un collège spécialisé, sans raison valable avancée. Du jour où elle vit tous ses dessins jeter au feu. Comme ça, sans raison. Des dessins faits avec amour, avec passion, à l'encre de chine, et punaisés sur le mur de sa chambre. Tous à la poubelle, et ensuite brûlés vifs dans l'incinérateur. Demande d'explication, pas de réponse. Puis il y eu le jour, où après avoir raté sa première année d'étude après le bac (40 heures de cours par semaine, deux heures de devoirs par soir et une dizaine d'autres au bas mot le weekend), où Madeleine (c'est le nom que «Maman» lui demandait de prononcer quand elles allaient à la plage par exemple, pour ainsi ne pas révéler son statut de mère d'une fillette de huit ou dix ans), lui annonça qu'elle et son beau-père ne financeraient plus ses études, et qu'elle devait se débrouiller toute seule. Puis, quelques années plus tard, quand Clémentine, désespérée, lui annonça qu'elle allait avorter, la mort dans l'âme, la réponse qu'elle reçu fut un laconique «Ben, fallait faire attention, je ne peux rien faire, et puis j'ai du travail à finir». Et puis les phrases nombreuses, si nombreuses, et assassines du genre «Mais pourquoi veux-tu faire du théâtre? Il y a tant de candidats au succès et si peu d'élus, qu'est-ce qui te fait croire que tu as quelque chose de spécial pour réussir dans cette carrière? Trouve un vrai travail plutôt»*, ou bien «Toi si intelligente (sic), je ne comprend vraiment pas pourquoi tu n'as de boulot plus intéressant et mieux payé»**. Plus récemment ça a été le dénigrement systématique de ses choix de vie, quels qu'ils soient: «Mais qu'est-ce que tu vas faire à l'étranger, tu ne trouveras jamais de travail là-bas», et encore «Tu deviens végétarienne? N'importe quoi! C'est dangereux et tu vas tomber malade, tous les médecins le disent!»; et la dernière en date: «Quoi, tu fais du Reiki? Mais le Reiki c'est une secte! Comment tu as pu te laisser entrainer par un gourou?», etc., la liste exhaustive serait trop longue et trop laborieuse à dresser... Et chaque fois, ou presque, en guise de conclusion, le détail apparemment délicat et néanmoins perfide qui achève le massacre émotionnel: «Mais de toute façon c'est ta vie, tu fais ce que tu veux».

Et c'est donc sa mère, Madeleine, après toutes ses années de broyage en règle, qui vient de lui dire, ou plutôt de lui hurler dans le Skype, que Clémentine la faisait chier depuis 25 ans... Mais Clémentine en a 20 de plus, et se demande bien ce qui a bien pu se passer à ce moment-là, pour passer du statut de fille modèle à celui de chieuse intégrale. Après réflexion, elle se dit que c'est à peu de chose près l'âge où elle est partie du giron familial, pour vivre sa vie à elle. Alors, animée d'un espoir aussi fou qu'inutile, une vague de compassion la submerge pour quelque secondes: serait-ce que vraiment, et pour de vrai, sa mère s'inquiétât pour elle? Elle, Clémentine, la jamais parfaite, la toujours repoussée, l'empêcheuse de vivre en rond? Aurait-elle été aimée, même un petit peu, même un tout petit peu, par sa Madeleine de mère?

Clémentine, n'en ayant pas le cœur net, décide alors de laisser en suspens cette question***, et de laisser le bénéfice du doute planer, tel un ange venu d'une autre galaxie, en signe de paix. Un jour l'Univers lui donnera la réponse, c'est sur, et tout s'arrangera pour le meilleur des mondes possibles entre sa mère et elle.

*Traduction: «Tu n'as pas de talent, pas la peine de te fatiguer»

**Traduction: «Faut vraiment que tu sois crétine au fond pour avoir un boulot de merde pareil et pas te débrouiller mieux que ça»

***D'autres options pourraient être ici présentées mais nous ne les développerons pas pour le moment, histoire de rester sur l'espoir aussi fou qu'inutile antérieurement mentionné.

texte@florencemarthe, 20 septembre 2014

Image: "L'objet du doute" de Virginie Yassef

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 20:49

perseides
 

 

Dormir sous les étoiles

Sentir le vent ami

Pénétrer nos âmes ouvertes

Et nos corps électriques

 

Inventer les histoires

D'un chevalier en flammes

Sur le chemin obscur

Qui nous mène au rivage

Et la lune nous éclaire

 

Ces nuits rêvées ensemble

Tel un cadeau précieux

Heures savourées délicieuses partagées

Plongés dans nos présents

 

Chaque seconde

Perles rares égrenées

Sur un fil de désir

Fusion création

 

Revivre ces moments

Continuer le voyage

Qui en nous unissant

Nous ouvre le chemin

 

Garder en soi le fruit

De ces amours partantes

Aimer partager voyager

Se séparer

Et puis se retrouver

Dans un autre que nous

 

 

 

 

texte@florencemarthe - 13 août 2014

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 18:36

Un querido y sabio amigo publicó este texto en su página fb, y no pude resistir a la tentación de publicarlo aquí también para compartirlo. Palabras que llegan al corazón, y que brotan directamente de este corazón suyo sin límite... Recuperar nuestro poder perdido, acabar con el miedo, volver a ver y a sentir con nuestro corazón, profundamente, de eso se trata para poder respirar de nuevo y crear nuestra propia realidad, vivir nuestra vida, de verdad... Un texto hermoso, poderoso y lleno de magia, como la vida misma... Gracias Adrian.

 

bruja-magia.jpg


La vida esta llena de magia… 

Los detractores de esta afirmacion me diran que esto no es real. Que la realidad nos muestra en el dia a dia que la vida esta llena de injusticias, desigualdades, odios y todo tipo de bajezas de esta indole. Yo les dire que lo q dicen es verdad, pero hasta cierto punto… El ser humano q crea esta infrahumana realidad cotidiana tambien tiene el poder de cambiarla a su antojo. En los sueños como en la vida creemos que no tenemos la capacidad de intervenirlos y actuar sobre ellos. Nos creemos simple espectadores kuando no somos otra cosa que los actores principales de la gran escena donde transcurre nuestra existencia efimera. Para empoderarnos nuevamente de ella hay que recuperar la primavera que nos robaron y creer fervientemente que ¨la vida está llena de magia¨. Existe una alkimia ancestral, mezcla de fe, autodeterminacion, inocencia y valentia que nos da una llave a esta magia.
Ahora me pregunto. Vivimos en una realidad q nos fue heredada a traves de las generaciones pasadas de nuestra familia? Vivimos en una realidad que nos venden y nosostros compramos?. Vivimos en la realidad en la decidimos creer y nos sentimos mas a gusto? Vivimos en una realidad que nos envuelve y se solapa capa por capa en nosotros hasta hacernos perder la nocion de lo real y lo irreal?

Yo vivo en la realidad que decido ¨crear¨ y es tal real como la vida de cada una de las 6000 millones de personas q habitamos este milagro que llaman planeta tierra. Vivo en una realidad q decidi transformar a cada paso. Una realidad en donde los bostezos se hacen suspiros, las penas se ahogan antes de hablar y los sueños se materializan en lugar de comprar deseos inducidos disfrazados de sueños. Una realidad en la q bailo con mis miedos, para sentir con claridad y rekuperar mis poderes perdidos. La luz se hace cada vez mas constante y la oskuridad no kiero que desaparesca, ella sigue ahi. Ya no kiero vencerla, kiero seducirla para q baile conmigo y su energia sea mi aliada. Esta realidad en la que vivo en lucida. No se deja engañar, no se puede comprar, no se puede operar…


Mi realidad solo precisa de mi ser autentico para ser real. Si yo soy, ella es. 

Mi realidad solo existe por que "la vida esta llena de magia".

 

Adrian.

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 20:52

En el mundo hay un lugar

Donde todas las palabras están a su sitio

Un lugar escondido

En la orilla del mar.

 

Cada piedra susurra

Una canción olvidada

Que viaja en la ala

Del tiempo infinito

 

Aquí el viajero se para

Escucha

Y a cantar también empieza

 

La canción cuenta el camino

Del último peregrino

Y de nota en nota se transforma en cuento

 

Los que cuentan cuentan

Que este lugar existe

Y que pa' encontrarlo

Hay que cerrar los ojos

Abrir el corazón

Y dejarle soñar

 

 

 

 

 

@florence marthe - 17 juillet 2014

 

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 12:31

En el camino

Voy buscando

El sentido

 

En el camino

Encontre un tesoro

Lleno de amor, del amor bueno

 

En el camino 

Voy encontrando

Lo que necesito y lo que deseo

 

En el camino

Pasa un pájaro

Para recordarme el sueño que anoche hizo

 

En el camino

Se encuentra oro que se transforma en plomo

Y plomo que se transforma en oro

 

En el camino

Mezclo suavamente el feminino 

Y el masculino que dentro llevo

 

En el camino

Me pierdo, me encuentro

Me pierdo otra vez y me reencuentro

 

Y en el camino

Aprendi a decir: te amo.

 

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 16:19

Des murs à mots doux, des murmures soyeux, des murs de paix... Les murs aujourd'hui nous ouvrent une voie toute pacifique.

Écoutons-les en silence, inspirons-nous, respirons, et comme les messages les plus sages apparaissent souvent au détour d'une rue comme les autres, presque cachés, ouvrons l'oeil, et posons les bonnes questions d'entrée de jeux (ou de "je", ce qui semble beaucoup plus raisonnable finalement):

 

Un-mur-un-jour-7 4238 2
(Où est mon sauvetage financier?)


pasaporte-de-pajaro
(Je renie les humains, je sollicite un passeport d'oiseaux)

 

40740 452377241926 580011926 6073585 1872895 n
(Il reste encore beaucoup à ressentir - "Action poétique")

 

Oups, attention à la marche... et au réveil...

11a7b0799

 

down out athens 024
(Réveille-toi!)

 

996167 10151696440781900 2071451585 n
(Les meilleures choses dans la vie ne sont pas les choses)

 

563725 10151529997031544 1056259517 n

 

602134 10151529997261544 194489827 n

 

62872 10151503900686544 1688315647 n

 

970796 10151590631266544 955785722 n

 

Poesia-en-los-muros-No-me-discrimines-descubrime

(Si tu me connais, tu sauras que je suis unique.
Ne me discrimine pas, découvre-moi - "Action Poétique")

 


Et tout avec beaucoup d'amour...

todo-con-mucho-amor

 

Malgré tout, n'oublions pas, oui, surtout n'oubliez pas, en toutes circonstances, et en tous lieux:

076 question

 

Photos: @nonymes
Texte: florence marthe - septembre 2013 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 12:25

Clémentine se sentait en exil. Elle n'avait pas bougé d'un pouce de tout l'après-midi, se demandant s'il lui aurait été utile de se lever ou non, de faire quelque chose, de changer de place les meubles, de laver la vaisselle qui s’amoncelait dans l'évier, de faire un truc productif, en somme. Mais non, elle ne s'était pas levé du fauteuil, coincé entre le canapé et la lampe à halogène, entre la table basse et la fenêtre, le tout formant un quadrilatère presque parfait de dix mètres carrés, entouré de murs en plâtre peint en vert amande (selon le propriétaire mais elle croit plutôt que c'est un vert olive passé), son salon donc, pièce maitresse de son appartement, son univers quotidien. Le reste de l'appartement se composait d'une cuisine de un mètre quarante-huit de long sur un mètre cinquante de large, un autre carré presque parfait, et d'une chambre toute en longueur, où elle avait bien eu du mal à faire rentrer un lit à deux places d'un mètre trente-cinq, mais qui possédait l'agrément d'avoir une fenêtre donnant sur un arbre dont elle ignorait toujours l'espèce depuis qu'elle avait emménagé, mais qui fleurissait abondamment au printemps, et elle ne demandait rien d'autre que cette abondance de floraison chaque année, quelque soit le nom qu'on put donner à l'arbre de sa fenêtre. Aujourd'hui, ces pièces lui semblait sans issue, sourdes à ces prières d'une vie plus attrayante, plus intéressante, et pleine d'aventures extraordinaires si possible. Alors pourquoi courir, gesticuler, feindre d'être affairée, puisque quoiqu'elle fit ce jour-là, cela ne changerait rien à l'affaire.

 

Le voisin n'avait plus donné signe de vie depuis ce fameux soir où la déesse aux cheveux noirs (ou étaient-ils blond vénitien, Clémentine ne se souvenait déjà plus vraiment, tant l'image dans son ensemble avait été forte plus que les détails) l'avait humilié sans diplomatie, et pour une seule cigarette. C'était il y a seulement deux jours, mais il semblait à Clémentine qu'il s'était passé des semaines, des mois, des siècles et des siècles, depuis cet incident. La lumière baissait, avec le jour finissant, et elle en était là de ses pensées quand quelqu'un frappa à la porte. Merde, se dit-elle, car il allait bien falloir qu'elle prenne une décision: ouvrir, et se confronter au monde du dehors (c'était forcément le monde du dehors qui frappait vu qu'elle était, elle, bien à l'intérieur, à l'abri dudit monde), ou ne pas ouvrir et faire la morte, ce qui lui allait très bien en un sens, ne se sentant pas exactement vivante à ce moment précis. Les coups sur la porte insistèrent, comme s'ils savaient qu'il y avait quelqu'un à l'intérieur du cube obscur. Elle se résigna donc à ouvrir, le pas trainant, comme on va le matin trop tôt chercher à la gare un vague cousin de province qu'on a pas vu depuis longtemps pour lui éviter de se perdre dans le métro.

 

Le spectacle qui l'attendait la laissa bouche bée. Littéralement. Ses jambes se dérobèrent sous elle, son menton et sa mâchoire s’affaissèrent, son air devint idiot. Le tout en une fraction de seconde. Et il ne lui fallut pas plus que ce même temps infime pour s'entendre dire: Oui? d'une voix faiblarde et probablement andouille, le ridicule du ton étant accentué par un tortillement de tout son corps, ne sachant pas sur quel pied se tenir, à défaut de danser avec, ce qui aurait pu faire diversion, en d'autres circonstances. Mais à cet instant précis, il faut le préciser pour sa défense, Clémentine faisait face à un énorme bouquet de fleurs multicolore, d'où dépassait le haut d'une bouteille de vin et une crinière blonde...

 

La crinière, qu'elle reconnut aussitôt comme étant celle du voisin, de SON voisin, bougea enfin, essayant de s'extraire de l'impressionnant foisonnement floral et dit, sur un ton de celui qui n'a l'air de rien: Oú je mets ça? Ça pèse un peu quand même. Clémentine repris ce qui lui restait d'esprit et balbutia: Oh, pardon, bien sur, entrez, je dois avoir un vase quelque part dans la cuisine, ou quelque part, enfin quelque part par là, c'est pas bien grand chez moi, entrez, où ai-je la tête, viens, venez, mais qu'est-ce que tu, vous faites là?

 

La crinière posa finalement son fardeau sur la table du salon carré et laissa admirer à Clémentine le plus beau des sourires, ingénu à souhait, charmant, adorable, lumineux, désarmant. La bouche bien dessinée et légèrement charnue, laissant présager des baisers doux et intéressants, lui expliqua que depuis que Jade l'avait si mal reçue l'autre jour, il voulait se faire pardonner et qu'il n'avait trouver que cette solution pour faire oublier son indélicatesse. Jade? Pensa Clémentine, elle s'appelle donc Jade. Évidemment, quel autre nom aurait pu être celui de cette grande bringue sulfureuse, cette... Jade, c'est ma sœur, ajouta le sourire. Clémentine faillit s'évanouir, ou exploser (elle ne savait pas très bien quoi choisir présentement) de honte, de joie, de gratitude infinie. Au lieu de cela, se reprenant comme elle le pouvait, elle articula d'une voix encore chevrotante mais prometteuse: Jade, oui bien sur, votre sœur. Et elle s'affaira pour trouver un vase, un pot, un seau à glace, n'importe quoi qui put accueillir les fleurs, ainsi que deux verres non dépareillés et un ouvre-bouteille. Le tout ne prit pas plus de trois minutes, tant sa fébrilité avait réveillé ses sens engourdis par une journée de contemplation immobile. Elle finit par offrir à la crinière et au sourire de s'asseoir, et même de se mettre à l'aise, ce que les deux firent sans se faire prier, optant pour le canapé pour les fesses, et le fauteuil pour jeter négligemment un blouson léger, et ainsi en interdire l'accès, au cas où. Elle fit de même, s'asseyant, faute de place et ne voulant pas avoir l'air mal élevée en déplaçant le vêtement posé sur le fauteuil, près de son voisin maintenant indubitablement identifié, et la bouche bien dessinée et légèrement charnue, bien que n'ayant toujours pas de nom, l'embrassa, elle, Clémentine, tenant la double promesse muette qu'elle lui avait faite à peine entrée dans son quadrilatère sans issue.

 

À suivre...

 

texte@florencemarthe 11 août 2013

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 14:10

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L'amour c'est comme le tabac, on fume sans faire attention et puis un jour, quand le manque se fait sentir, on frappe à la porte du voisin ou de la voisine, pour quémander une cigarette, ou un coup vite fait, avec le vague espoir qu'il sera aussi bien fait que rapide. L'avantage d'une cigarette toute bête étant qu'on sait ce qu'on aura. Sauf si on vous offre une menthol, là c'est comme un orgasme raté, voire inexistant, bref un truc pas cool, mais heureusement on est rarement déçu avec une clope.

 

Clémentine en est là de ses pensées quand on frappe à la porte. C'est le voisin, justement, qui vient lui demander si elle n'a pas une cigarette pour le dépanner. Clémentine, surprise de la coïncidence de ses pensées venant ainsi s'encastrer dans le réel, regarde le gars d'une manière bizarre, se méfie, ne le laisse pas entrer et va chercher une clope pour ce voisin indiscret (c'est vrai, on ne lit pas dans les pensées des gens comme ça, ça ne se fait pas...). Pas spécialement beau gosse, mais pas laid non plus, le voisin est assez grand, dans les un mètre quatre vingt cinq, cheveux genre blond vénitien, les yeux marrons en amande, expressifs et rieurs, pas mal balancé, sympathique..., bref un type  qui ferait craquer pas mal de nanas sans aucune difficultés, mais pas elle: Clémentine n'aime pas les blonds, c'est comme ça. Point.

 

Quelques jours plus tard, c'est à son tour d'être en panne de drogue légale, et après une hésitation, «légitime» se dit-elle, de vingt bonnes minutes, Clémentine se décide à aller frapper à la porte du grand blond. Après tout, elle l'a déjà sauvé une fois, il peut bien lui rendre la pareille, rien de suspect à cela. Elle frappe donc, et la porte s'ouvre brutalement sur une grande bringue à la crinière ondulée noire corbeau, avec des yeux à damner un saint, et des jambes plus longue qu'une semaine sans soleil. «Merde, sa meuf» se dit élégamment Clémentine. Une seconde de flottement et puis: «Suis en panne de clope, pourriez pas me dépanner?» accompagné s'un sourire un peu forcé. La brune incendiaire, du tac au tac, en se retournant vers l'intérieur de l'appartement: «Mon chéri! Ta voisine voudrait une cigarette!». Et se replaçant bien en face, avec des yeux couleur noisette immenses à damner les saints donc, plantés dans les siens: «Ou bien autre chose aussi?». «Euh, non non, merci, une cigarette ça ira», réussit à bredouiller tant bien que mal Clémentine, qui commence alors à rougir des pieds à la tête, honteuse de s'être fait piéger comme une collégienne attardée. 

 

Retour au bercail, verrouiller la porte, vérifier que personne ne s'esclaffe à côté, allumer la télé comme si de rien n'était, reprendre son souffle, et le fils de ses pensées, si possible. En reprenant son calme, Clémentine se repasse la scène dans sa tête: «Toc toc, z'auriez pas une clope, non merci...». Pathétique qu'elle se trouve. Et puis soudain un déclic. La damneuse de saints n'habite pas là. Elle a dit «TA» voisine, donc pas la sienne de voisine à elle. Mais elle a vocalisé un «Mon chéri» sans appel aussi. Donc ils sont ensemble, ou amants, ou baiseurs occasionnels, ou même peut-être juste amis, ou c'est sa sœur. Mais le point essentiel est qu'ils n'habitent pas ensemble, c'est toujours ça de gagner, y aura pas à raser les murs de peur de la croiser dans l'escalier ou l'ascenseur chaque matin, chaque heure, chaque seconde. Pas une grosse victoire après la défaite de ce soir, mais c'est quand même quelque chose. Et elle aspire la fumée consolatrice comme si sa vie en dépendait, en exhalant un long soupir de soulagement.

 

 

 

(À suivre...)

 

texte@florencemarthe, juin 2013

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 14:45

Dérisoire tentative de te garder un peu encore parmi nous, Isa. Je te connaissais à peine, mais j'avais l'impression de te connaitre depuis longtemps, et je t'aimais déjà...
Adieu amie.
Love, où que tu sois...

 

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 13:27

Au cours de mes pérégrinations internetiennes, je suis tombée sur ce site:

 

Profit over life.org

 

où on nous apprend que les archives issues du Tribunal de Nuremberg après la guerre sont enfin disponibles. En soit c'est toujours une bonne nouvelle d'avoir accès à des documents importants, jusque là interdit au plublic. Il parait que si on savait tout, nous autres la plèbe, ça foutrait le bordel, et pas que le vendredi, alors il ne vaut mieux pas que le tout un chacun sache la vérité car tout un chacun s'en servirait pour etriper son voisin. Qu'y disent. Après 60 ans, ils estiment qu'ils peuvent ouvrir les placards poussièreux, car persuadés que tout le monde aura oublié, tout au moins aura voulu oublié, et que ceux qui ressortiront ces vieilles histoires ne seront écoutés, s'ils le sont, que par quelques oreilles distraitement rebelles, sans danger pour l'ordre public.


Donc, sans surprise, on lit que de hauts fonctionnaires du gouvernement de Hitler pendant la seconde guerre mondiale, étaient en même temps, et d'abord, de hauts cadres au sein du laboratoire IG Farben (c'est à sire soit membre du comité exécutif ou du conseil d’administration).

 

Ça ne vous rappelle rien comme mélange des genres?

 

Et le plus beau, c'est qu'après avoir été condamnés à la prison ferme et libérés (sauf Wurter qui bizarrement été reconnu non-coupable), ils ont TOUS, sans exception, retrouvé des postes à haute responsabilité dans d'autres laboratoires prestigieux, dans de grandes banques ou de puissants groupe industriels respectables, sans être inquiétés du tout par leur passé quand même assez lourd, et certains ont même reçu de la part de l'Allemagne Fédérale des distinctions fort honorifique en raison de leur apport à la Patrie. Ils ont payés leur dette à la société comme on dit...

 

À une époque où une certaine élite voulait se débarrasser des juifs de manière concrète et définitive, des dirigeants d'un grand laboratoire chimique au plus haut niveau en place au gouvernement, ça a du être drôlement utile... Et aujourd'hui que la guerre qui fait rage est essentiellement économique, et non plus uniquement éthnique, ça n'inquiète vraiment apparemment pas grand-monde de voir tous ces Goldman Sachs et Cie dans des postes de conseillers, ministres, etc. au sein des gouvernements soi-disant indépendants...

 

Je ne voudrais pas avoir l'air d'être pessimiste, mais, malheureusement l'histoire a une fâcheuse tendance à se répéter. Et là ce n'est pas quelques millions d'individus qui sont visés (sauf le respect que je dois à toutes les victimes de la guerre mondiale, deuxième du nom), mais très certainement la plus grande partie de l'humanité, celle qui n'est pas assez avertie, éduquée, celle qui n'a pas la bonne couleur de peau, qui n'a pas le porte-monnaie assez bien rempli, etc... Il suffit de regarder, de réellement regarder autour de nous pour voir que le rouleau compresseur est déjà en marche, comme en 33. Oui, j'ai bien dit comme en 33, ou le peuple a permis à Adolf Hitler de prendre le pouvoir sous prétexte qu'il allait les tirer du chômage et faire de l'Allemagne une nation forte...

 

Ça ne vous rappelle toujours rien? Pourtant le principe reste le même et la situation est à peu de chose près similaire.

 

Et aujourd'hui, des entreprises comme Monsanto tente d'avoir la main mise sur la nourriture mondiale, et brevette des plantes même pas modifiées génétiquement, donc des plantes qui pourraient pousser dans votre jardin sans que personne lui ait rien demandé, à la plante, à tour de bras sans que ça n'émeuve grand-monde chez les poilitiques, l'Europe complice interdit l'usage des graines traditionnelles; les banques, cause principales de cette soi-disant crise dans laquelle nous sommes plongée, jamais inquiétées et toujours renflouées quelque soit le prix à payer, à tous les postes clés des gouvernements occidentaux... Moyens de subsistance, nourriture. Nous sommes déjà à leur merci.

 

Nous n'entendrons plus le bruit des bottes dans les rues pour nous avertir qu'il y a danger, comme en 1940, non... C'est bien plus subtil, bien sur, aujourd'hui, encore plus inquiétant... et bien plus pernicieux aussi... Nous nous sommes enchainés nous-même, consentants à notre lente descente aux enfers. On fête la date de l'abolition de l'esclavage ces jours-ci. Mais dites-moi: quels sont nos marges de manoeuvre pour agir sur un gouvernement inique? Peut-on le destituer légalement? Non, ce n'est pas prévu par le législateur, qui lui-même fait partie du gouvernement. Peut-on le forcer à démissioner? Non, les forces de l'ordre sont bien entrainées et nous sommes bien trop attachés à notre confort pour oser sortir en masse et refaire des barricades. Alors quoi? Ah, bien sur, on peut aller voter si on veut. Pour ceux-là même qui laissent les lobbys bien faire leur travail en acceptant l'inacceptable, et qui nous empêchent des les virer s'ils déconnent trop. Bien sur... C'est quand les prochaines élections déjà? Va falloir attendre... Attendre. Et pendant que nous attendons bien sagement l'échéance du prochain vote, ou nous pourrons nous donner bonne conscience en votant "contre" un type qui ne plait plus (mais pour lequel nous avons voté au moins une fois déjà puisqu'il est au pouvoir); alors en votant "contre", on s'est -soi-disant- débarassé de Sarkozy, on se débarassera de Hollande, et puis d'un autre, et un autre... Et pendant ce temps-là, les grandes banques financent les campagnes de ceux pour lesquels on finira par voter, de toute façon...

 

La fin de l'esclavage, oui. Les chaînes visibles ont sauté, mais l'eclave est toujours là, lui, prêt à consommer ce qu'on lui dit de consommer, prêt à vendre son âme pour pouvoir subsister. Pour pouvoir survivre, payer son loyer et ses factures... Et pas grand-chose d'autre... Ah si, deux semaines de vacances au soleil pour oublier que le reste de l'année est un enfer, qu'on a le temps de rien faire, même pas de penser... Pour oublier qu'on ne vit pas sa vie, et que, même si on gagne de quoi vivre confortablement, ça ne nous laisse pas beaucoup de place pour autre chose...

 

Alors, à tous ceux qui vont me lire aujourd'hui, je dis ceci: réveillons-nous!

 

Et si vous êtes déjà réveillé, réveillez les autres autour de vous, pour qu'ils puissent à leur tour éclairer ceux qui les entourent et ainsi de suite. Boycottons toutes les entreprises dont nous savons qu'elles contribuent à nous appauvrir, à détruire la planète et nous-même. Refusons de voter aux prochaines élections, en signe de résistance. Plantons notre propre jardin, ou achetons notre nourriture chez des producteurs respectant l'environnement. Ne payons pas nos impôts cette année. Réfléchissons à des alternatives. Informons-nous. Rejoignons des mouvements qui aident à penser le monde autrement...

 

Ne subissez, ne subissons plus.

 

Ouvrons notre conscience.

 

Résistons.

 

texte@florencemarthe
chanson@volo
 

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Published by Florence Marthe - dans Textes
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